La Résistance à Alger

manuscrit

Note manuscrite

Index

L''histoire de la Résistance ici, à Alger? Navrante! Avant 1942, peu de chose. D'un côté, quelques français résolus, dont le courageux Colonel Jousse, un policier astucieux et qq. personnalités locales. De l'autre un groupe plus prétentieux, le fameux "Comité des Cinq" qu'agglutinait des vichyssois, des monarchistes, même, dit-on, des cagoulards. Ceux-ci favorisaient l'idée de continuer la politique du Maréchal, avec Darlan et plus tard sans lui…

Au début de 1942 les hommes de bonne volonté attirés par cet embryon de Résistance et qu'avait profondément déçu le refus obstiné de Weygandt d'accueillir leur proposition parce que, quoique sympathisant à leur cause, "il ne voulait pas faire figure de rebelle", avaient de grandes difficultés à s'organiser. Enfin un premier noyau vrai de Résistance prit naissance, agglomérant autour des premiers d'autres éléments: qq officiers, qq médecins de la ville, un certain nombre d'Israélites, avec un groupe de scouts, un petit-fils de Cardinal avec son confesseur jésuite etc. Cet ensemble pittoresque et disparate voulait un chef; mais de Gaulle, contacté, restait glacé. Et les Américains, méfiants, en cherchaient un autre. Ils pensaient à Giraud dont ils cherchaient à favoriser l'évasion….

Dans le cours de 1942 les choses avancèrent un peu lorsqu'on apprit cette évasion : Giraud allait-il donner, avec son ami Mast, une forme définitive à la Résistance africaine? Le peloton de français résistants s'accrut, malgré un découverte du complot par Vichy. En Octobre, c'est la conférence clandestine de Churchil, mais il n'en sortira rien car les Américains ont déjà arrêté leur plan qui est en voie d'exécution.

Puis c'est le débarquement américain en Novembre, Darlan saisissait l'occasion de son fils pour accourir et "jouer la carte américaine" qu'il préparait depuis longtemps sans savoir exactement quand il pourrait s'en servir, car il était au courant par ses amis d'Alger, dont un homme-lige, marin comme lui, qui était à Vichy son haut poste, à la fois de direction administrative (pour le Maréchal) et d'observation (pour Darlan)…

On sait le reste: Darlan traitant avec les Américains, qui le tolèrent, puis assassiné par d'autres français, plus purs, mais qui n'hésitèrent pas à le supprimer pour permettre à quelque chef à eux de prendre sa place. Puis la confusion, les arrestations réciproques, la gabegie terminale, aboutissant au gouvernement Giraud… (1).

"En somme, "dit quelqu'un, "il résulte de tout ceci que l'initiative et le courage des Résistants d'Alger n'ont été ni encouragés par de Gaulle, ni favorisés par l' Amérique? Si certains d'entre eux, comme ce vaillant Colonel Jousse, ont le droit de penser que, malgré leur navrant isolement, ils ont neutralisé dans une forte mesure le haut Commandement vichyste, on peut assigner à cette pagaye une cause essentielle: la désunion entre français!!!" …

Cette appréciation reste sans écho.

 

 

(1) Fait confirmé par les nombreuses publications en ce sens, dont le livre de M. Aboulker (un des résistants authentiques) Alger et son complot (Nuit et Jour, 1945) et les Mémoires de Giraud, avec les discussions acrimonieuses publiées par le "Figaro" à la suite de leur publication.

 

 

Version : 18.08.2005 - Contents : Martine Bernard-Hesnard

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